Lettre d'Antiochus à Bérénice

Publié le par lefrancaispourlesniais

  Chère Bérénice,

Je vous écris cette lettre, mais je ne sais point si vous lirez celle-ci, un jour peut–être vous me ferez cet honneur. Madame, j’hésite à vous parler, alors je vous écris car à chaque fois que je vous vois, que je vous parle, je suis gêné, je dois avoir une certaine distance dans mes mots, comment faire pour ne pas vous faire percevoir ce que je ressens au moment où je vous parle ? Comment faire pour vous parler d’une amitié qui pour moi n’en est pas une ? En effet en lisant le début de cette lettre, je pense que vous savez maintenant les sentiments que je vous porte et si malheureusement cela est encore confus pour vous, comment vous l’expliquer ? Pour être clair et honnête, je vous dirais que je vous aime.

Vous m’avez convié, Madame, à votre hymen avec Titus, un ami mais surtout un rival à votre amour car nous vous aimons tous deux, mais vous n’en aimez qu’un et évidemment c’est Titus. Vous voir heureuse me rend heureux, mais vous voir heureuse avec Titus me fais souffrir. Je dois faire un choix, rester et souffrir ou fuir et souffrir, mais lequel choisir ? Car si je pars, je souffrirai de ne point vous voir. Or si je reste, je souffrirai de vous voir, Madame, dans les bras de Titus. Des souffrances différentes, mais en même temps tellement semblables et si fortes que peut-être que l’envie de mettre fin à cette souffrance en m’ôtant la vie pourrait me traverser l’esprit, mais je ne le ferai pas car je dois respecter mes engagements auprès de mon peuple. Il est grand tant pour moi d’arrêter de me lamenter dans cette lettre car je suis un homme de pouvoir, je vous respecte et vous n’avez pas à entendre ça. En écrivant cette lettre, j’ai réfléchis énormément, je pense que la décision que je vais prendre sera la mieux pour moi et donc j’ai décidé de partir par amour pour vous. Le jour où vous lirez cette lettre, Madame, je serai déjà parti régner sur mon peuple, alors je vous dis, avec tous le respect et l’amour que j’ai pour vous, Adieu.

ANTIOCHUS.

 

 

GUEDES Elise

Publié dans Bérénice de Racine

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