Lettre de Bérénice à Phénice

Publié le par lefrancaispourlesniais

 

Chère Phénice,

 

Tu es ma chère confidente depuis tant d'années. Tu connais le moindre de mes sentiments et tu entends chacune de mes pensées. Mais, à cette heure, je préfère t'écrire pour te confier ce que je ressens dans l'espoir que tu puisses transmettre mes souhaits, bien qu'ils soient irréalisables, à ce cher Titus. Tu sais l'avenir qui m'est promis et la tristesse qui ressort de mon cœur de devoir quitter Rome.

 

Phénice, je t'avoue que depuis la nouvelle de mon hymen impossible, je crains le pire et de violentes pensées m'envahissent. Je croyais que Titus m'aimait et me vouait un amour éternel. Pourquoi les amours sont-ils si malheureux ? L'amour est-il toujours si douloureux ? Titus m'a fait voyager et venir dans son pays, m'a promis de m'aimer passionnément et de m'épouser et voilà qu'il me renvoie en Palestine, juste au moment où il a un grand pouvoir. Il me semble que l'Empire et ses sujets lui sont plus importants que moi.

 

Oh, Phénice, je suis reine et je mérite une vie digne de mon statut. Hélas, mon cœur se rompt de tristesse à l'idée de retourner en Orient, seule. Mon honneur doit rester sauf mais je présage un avenir de larmes sous un ciel en deuil, si je dois dire adieu en gardant ma vertu.

 

Ma douce Phénice, tu fus le témoin de ma détresse, et tu pourrais être mon espérance. Par pitié, cours parler à Titus, explique-lui mon désarroi, sinon je crains le pire et j'envisage d'en finir avec la vie. L'amour doit être plus fort que le pouvoir, le peuple comprendra ma douleur, il convaincra le Sénat, qui acceptera cette alliance chimérique mais qui enrichirait les Romains.

 

Bérénice

 

 

CAVAN-PITON Maël

Publié dans Bérénice de Racine

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