Présentation : Scapin

Publié le par lefrancaispourlesniais

Je décide de présenter Scapin (Scappino  pour son équivalent italien) un personnage de comédie. L’un des types principaux du valet bouffon de la comédie française, il est comme le trait d’union, dans cet emploi, entre les farces françaises du XVIIeme et la comédie italienne improvisée.

Scapin vient d’un personnage de la commedia dell'arte, Scappino, un zanni proche du caractère de Brighella, fourbe, insouciant, cupide mais avec un caractère légèrement amendé, et de son costume (habit et manteau blancs, brandebourgs verts, ou habit blanc rayé de vert). Son nom provient certainement du verbe italien « scappare » qui signifie « s’échapper ».

La première apparition officielle de Scappino est dans L’Inavvertito, overo Scappino disturbato e Mezzetino travogliato en 1629, (dont Molière s’est déjà inspiré pour « l'étourdi » pièce dans laquelle il appelle le personnage « Mascarille »).

 

Sous sa forme française, Scapin apparaît pour la première fois sur le théâtre comme personnage principal de la pièce de Molière, Les fourberies de Scapin. Il y est le valet de Léandre, fils de Géronte. Doté d’une incroyable intelligence, il effectue de nombreuses fourberies. Il est souvent appelé par Octave et Léandre pour résoudre des problèmes. Il aime bien tromper Argante et Géronte. On découvre, au fil de la pièce, que Scapin est certes un fourbe mais aussi un homme avide de vengeance, qui a en effet passé trois ans dans une galèreavant l’histoire des Fourberies de Scapin.



En France, vêtu d’abord d’amples habits, coiffé d’un chapeau à plume, portant le masque et la barbe, Scapin abandonna le masque de son aîné italien en passant sur le théâtre français et adopta le pantalon, la veste et le manteau blancs galonnés ou rayés de vert. Le caractère et le costume de Scapin ont été transmis à Mascarille, à Gros-René, à la Violette et à Sganarelle.



Devenu français, le valet bouffon (Morgan Thibaut le bizu)s’est montré dévoué, et s’il gronde, c’est pour corriger son maître. Dorimon utilise le personnage de Scapin en 1659 dans L’Inconstance punie, puis dans L’Amant de sa femme, en 1660. Théodore de Banville a mis en scène le Scapin de Molière dans une comédie en vers, Les Fourberies de Nérine (Vaudeville, 1864), et l’a représenté dupe à son tour d’une maligne soubrette.

Dans Les Misérables de Victor Hugo , quelqu’un traite Napoléon de Scapin.

 

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 CAOURIN Jordan

Publié dans Le théâtre comique

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